Öskemen – Oust-Kamenogorsk

la ville à l'étonnant parc ethnographique

Arrivée le samedi 9 octobre à 20h30 – Départ le lundi 11 octobre à 16h45

Première étape : Oskemen. Cette ville de 300 000 habitants est située à l’Est de Kazakhstan, au pied des montagnes de l’Altaï. Öskemen est le nom « kazakhisé »d’Oust Kamenogorsk. Sur le papier, le nom de la ville change en fonction de la nationalité de l’éditeur de la carte, selon qu’il soit Russe ou Kazakh.

Pourquoi cette ville comme étape ? Je ne le sais pas moi-même ou plutôt, je sais qu’on peut y admirer des statues de Lénine au parc ethnographique de la ville. A vrai dire, c’est la seule motivation qui me meut : avoir passé tant de temps dans les républiques de l’Ex-URSS, je n’ai toujours pas vu l’ombre d’une statue de Lénine. Certes, je suis bien passé au mausolée du bon vieux Maréchal Tito à Belgrade en Serbie ou à Gori en Géorgie, dans la ville qui vit la naissance de l’Oncle Jo (Joseph Staline) mais, rien avec Lénine. Pas une statue de Vladimir Illitch Oulianov sur ma route. Mon dernier espoir résidait en les statues de Lénine, Marx et Engels de Bishkek. Il fallait y remédier le plus rapidement possible et ce fut chose faite à Öskemen.

L’Yrtich, affluent de l’Ob, dans toute sa splendeur

La ville se situe à la confluence de l’Ülbi et de l’Yrtich, un fleuve affluent de la 7ème plus grande rivière du monde : l’Ob. Notre bonne vieille Loire ne fait pas un pli devant les mastodontes que sont l’Ob et l’Yrtich. La Loire mesure 1066 km quand l’Yrtich en fait 4248 km et l’Ob 3650 kms.

Dans son cintre, la ville accueille de nombreuses kroutchevkas et brejnevkas qui font la fierté de la ville. Ces batiments sont organisés en blocs avec leurs espaces verts respectifs et leurs aires de jeux pour enfants. Ce fut d’abord une promenade le long de l’Yrtich. Le soleil brille et se reflète dans les flots bleus de la rivière. Il fait froid en cette période automnale, les températures sont proches de 0. C’est dimanche et comme partout ailleurs dans le monde le dimanche, les gens se promènent, prennent l’air, font leur footing et du vélo le long des berges de la rivière. Au loin, je vois les montagnes de l’Altaï au loin derrière un ciel bleu azur.

Ce type de bus assure le service de transport en commun de la ville

En me rendant au parc ethnographique, alors que je marche tranquillement sur le trottoir, je vois des vieux bus datant de l’ère soviétiques passer. Ils crachent une fumée noire comme le charbon à chaque accélération. Je traverse l’Yrtich, la rivière et magnifique et bientôt, j’arrive au parc, de l’autre côté de la rivière.

L’entrée ne me coûte que 500 Tenge (1€). A ce prix, je suis sûr d’en avoir pour mon argent…. Après quelques minutes à arpenter les allées, je me retrouve nez à nez à avec une statue de Lénine de ma taille. En balayant mes yeux aux alentours, j’en vois une qui fait deux fois ma taille puis trois fois. C’est un festival…. Dans les quinze première minutes de mon entrée dans le parc, j’en ai déjà pour mon argent. Je suis comblé, je fais des selfies avec Lénine, du moins, sa statue.

Et du fond des bois, un immense Lénine surgissait !

Ce parc est extraordinaire, Il regroupe toute l’artillerie de l’Ex-URSS . Il faut savoir qu’à la chute de l’empire soviétique, une bonne partie de l’artillerie soviétique était regroupée au Kazakhstan. Les chars, l’artillerie, l’armement nucléaire et même le laboratoire des armes bactériologiques de l’URSS, installé dans une ile de la mer d’Aral et sécurisé par l’armée Américaine après 2001 (qui a dû rafler le produit des recherches de l’URSS). Avec l’assèchement de la mer d’Aral, l’ile fut accessible à pied et tout un chacun pouvait y récupérer des virus sympathiques ou des bacilles du charbon. Au parc ethnographique, ce sont principalement les pièces d’artillerie de la 2nde guerre mondiale, la grande guerre patriotique pour les soviétiques, qui y sont exposées.

Une artillerie jolie et gracieuse dirigée contre le capitalisme.

Ce parc est fantastique, je visite un zoo avec les animaux de l’Union Soviétique. Il s’y trouve de nombreuses espèces du Kazakhstan. Des ânes, des cheveux, une meute de loups, des antilopes, des chameaux, des félins et nombre de volatiles, notamment des rapaces. Les ours encagés me font mal au coeur, de même que les oiseaux rapaces. C’est un zoo avec des animaux enfermés…. C’est aussi une occasion d’approcher ces animaux et de sensibiliser les hommes. Le sacrifice de ces quelques bestioles servent une cause qui les dépassent.

Une gentille petite biche au zoo

Ce parc aura été sans doute la chose la plus inattendue de mon périple ferroviaire. J’arrive dans une partie où se trouve toute une allée de maisons traditionnelles représentant chacune une province de l’ex-URSS. Ainsi, se trouve une maison traditionnelle polonaise face à une maison tatar qui jouxte une maison Tchétchène faisant face à une ferme azerbaidjanaise côtoyant une maison traditionnelle nord-coréenne. Chacune de ces maisons a été rebâtie à l’identique en ce lieu. On pouvait visiter l’intérieur de chacune de ces maisons assurément traditionnelles jusque dans le mobilier, la vaisselle, parures et vêtements. Deux femmes faisaient office de gardiennes tout en entretenant le terrain – en effet, outre l’intérieur de la maison dont elles ont la charge, elles balaient les feuilles mortes de la pelouse et même celles sur la terre. D’ailleurs, il n’y a pas que ces femmes qui balaient ; de part et d’autre du parc c’est une armée de balayeurs qui s’agitent pour rendre les allées propres. Le balayage est une vraie caractéristique d’Asie Centrale. Dans les villes et les campagnes, sur la terre et sur les pelouses ils balaient inlassablement chaque matin. Une bourrasque de vent fait tomber des feuilles sur l’endroit balayé et tout est à recommencer. Il n’y a pas de feuilles mortes à traîner, ou si peu.

Et tout ça pour 1€ !

ferme traditionnelle du Tatarstan dans le parc d’Öskemen.

Ce parc aura donc été une divine surprise dans une ville assez soviétique. Trottant depuis le matin, j’ai un coup de fatigue, je ne comprends pas sur l’instant mais j’avais parcouru 26 kms à pieds. Je me résous à prendre un taxi pour aller manger un bout en ville et reprendre des forces. Malheureusement, pas de Yandex (taxi) dans mon coin, je dois prendre le bus. Un vieux bus de l’Union Soviétique s’avance. Avec d’autres passagers, je monte et me dirige vers le chauffeur pour payer ma place mais bien vite, je me rends compte qu’outre le chauffeur, il y a une femme qui est préposée à la vente des billets dans le bus. Je paie mon trajet et je m’installe. Bien que le bus démarre dans la bonne direction, je recule de 50 ans en arrière. Les bus sont dans un état minable. Les intérieurs sont faits de bois élimés par les années. Tout est à l’avenant, y compris le pot d’échappement qui crachait une fumée noire épaisse.

Des nuages gris se sont avancés dans l’après midi et il a plu en fin de journée. Se faire un chemin entre les blocs de kroutchevkas et les blocs de brejnevkas requiert de l’orientation car les bâtiments se ressemblent tous. Hélas, les trottoirs et allées ne sont pas toujours bien entretenues et c’est vite la gadoue quand il pleut. Et il a plu à grosses gouttes toute la soirée et la journée du lendemain.

Le dimanche, il n’y avait pas grand chose à faire à part regarder la pluie en grosses gouttes tomber sur le sol en rebondissant. Je me rends à la gare routière en milieu d’après-midi. Je prends le car pour Semay (Семей) – Semipalatinsk. Le confort des cars est assez rudimentaire ; les sièges déglingués sont légion. Au bout d’une heure, pause pipi dans la pampa : il n’y avait rien à l’horizon à part ce petit resto-magasin et ses installations. Après plus de 3h30 de route, j’arrive enfin à Semeï, la ville d’Abaï Kunanbaev et de Dostoïovski. A l’arrivée, je m’enfile une brochette de viande et me dirige à mon hôtel. Il est 21h…

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