Almaty (Kazakhstan)

Les Kazakhs n’ont pas dérogé à un trait de la culture des peuples Turcs, à savoir le sens de l’accueil.

Autour d’un bon benshbarmaq arrosé de cay (thé), de koumis (lait de jument fermenté) et agrémenté de toasts à la vodka

Après le tumulte de mon arrivée à Almaty, j’ai été pris en charge par mes amis Kazakhs qui avaient à cœur de me faire découvrir leur ville et leur culture.

Ancien siège du Soviet Suprême du Kazakhstan à Almaty

Malheureusement, en raison de la pandémie, je suis passé à côté de spectacles musicaux.

Almaty le soir depuis Kok Tobe

Almaty est très agréable à vivre. Nichée près des montagnes enneigées, la ville bénéficie d’un bon climat. Le soir, l’air frais descend des sommets et rafraîchit l’atmosphère tout en chassant la pollution inhérente à une grande ville.

A quelques dizaines de minutes du centre-ville d’Almaty, c’est déjà la montagne

Son plan est relativement simple puisqu’il s’agit d’un immense quadrillage comportant de nombreux carrés de verdure qui sont des parcs procurant une ombre bienvenue les jours de grandes chaleur.

Monument au mort dans le parc Panfilov, héros de l’Armée Rouge lors de la 2nde guerre mondiale

L’eau est omniprésente dans la ville, s’écoulant dans des canaux ou procurant de la fraîcheur aux Almatiens grâce aux fontaines.

A Almaty, on peut faire de l’équitation le matin, du ski l’après midi à Shimboulak et assister à un opéra ou à une représentation théâtrale le soir. C’est une situation suffisamment rare pour une très grande ville.

Station de ski de Shimboulak à moins d’une heure du centre ville d’Almaty.

Ancienne capitale du Kazakhstan, la ville compte un grand nombre de bâtiments remarquables si l’on est attiré, comme moi, par l’architecture soviétique.

L’hôtel Kazakhstan à Almaty
Musée des beaux-arts d’Almaty
Opéra

Stalinkas, Kroutchevkas et Brejnevkas

Outre les bâtiments officiels soviétiques à l’architecture audacieuse, les villes de l’ex-URSS sont largement marquées par les logements construits durant la période communiste.

Immeuble d’habitation destiné aux apparatchiks du Parti Communiste

Il y a d’abord les stalinkas, les logements bâtis sous l’ère de Staline.

Stalinka dans le centre d’Almaty

Ces immeubles, à partir de deux étages, sont les plus recherchés aujourd’hui à cause de leurs hauteurs sous plafond, leurs parquets et la qualité de leurs construction.

Stalinkas, Kroutchevkas et Brejnevkas sont regroupées par bloc au centre duquel se trouve des espaces verts et des jeux pour les enfants.

Il y a ensuite les Kroutchevkas, les immeubles construits sous Nikita Kroutchev. Ce sont des bâtiments entre 3 et 5 étages, dépourvus d’ascenseurs, à la surface rationnalisée et ayant une conception commune à toute l’URSS. C’est le logement que l’on rencontre le plus couramment dans les villes.

Kroutchevka à Kyzylorda

Deux usines sont construites en Russie pour fabriquer les panneaux qui serviront à assembler les appartements.

Kroutchevka en Bulgarie

C’est avec ces logements qu’est arrivée la mode d’accrocher les tapis aux murs, non parce que ça fait beau mais parce que ça isole du froid et des bruits tant les cloisons sont fines.

Et enfin, il y a les Brejnevkas, construites sous le mandat de Leonid Brejnev. Ce sont des immeubles entre 5 et 14 étages avec ascenseur.

Le vide-ordures fait sont apparition. Pour le reste, la surface des pièces est toujours régie par le Catalogue Unifié des Logements de l’ère Kroutchev (c’est à dire petite) et les toilettes sont enfin séparées de la salle de bain.

Le cirque d’Almaty

Le cirque d’Almaty

Mais, en dépit de la pandémie, j’ai quand même pu assister à un spectacle de cirque organisé en mon honneur par Baytyq, le directeur du cirque d’Almaty.

Avec Batyq, le directeur du corque

Ce cadeau fut sans doute le plus beau qu’on m’a offert dans ma vie.

Le hall du cirque

Après une visite du cirque, à l’architecture soviétique (formes audacieuses, emploi de matériaux nobles, j’ai été convié à m’assoire dans les gradins. J’ai ainsi vu les acrobates exécuter leur numéro.

Puis, je vis arriver sur la piste un ours. Durant les premières secondes de son arrivée, j’ai cru que c’était un humain qui avait revêtu un déguisement. Mais non ! Voilà un numéro que je ne pourrais jamais voir en France.

Après chaque numéro, nous faisions des photos et je me suis donc approché de l’ours pour carreser son pelage. Ce numéro était vraiment une expérience exceptionnelle pour moi…

Puis ce fut le tour des chevaux. Au Kazakhstan, le cheval est une institution. D’ailleurs, ce sont les Kazakhs qui ont domestiqué le cheval en 6000 av. J. C. Ils n’ont pas vraiment choisi l’animal le plus facile à dompter.

Ainsi, j’ai d’abord vu un numéro de dressage qui a dû exiger beaucoup de travail de la part du dresseur.

Ensuite, ce fut un numéro d’acrobaties à cheval, toujours impressionnant.

Après le spectacle, nous sommes allés dans la prestigieuse ex-avenue Lénine pour manger un Benshbarmaq, le plat national Kazakhs, accompagné de thé de Toshkent et entrecoupé de toasts à la vodka. Un vrai moment convivial.

Escapade à Nursultan

Nursultan est la capitale du Kazakhstan. Elle compte un peu plus d’un million d’habitant : sa population à été triplé en 20 ans.

Parc du 1er président

A l’origine, cette ville se nommait Akmola. Son nom ayant été russifié, elle devient Akmolinsk. En 1953, sous le gouvernement Kroutchev, elle s’appelera Tselinograd en 1961. A l’Indépendance du Kazakhstan, elle redeviendra Akmola. En 1998, Nazarbev, décide de transférer la capitale d’Almaty à Akmola qui se nommera Astana (signifiant « capitale »). En effet, le nord du Kazakhstan étant largement habité par les Russes, ce déplacement de capitale répond à une volonté de kazakhiser le pays. Suite à la démission du président Nazerbaïev en 2019, le nouveau président propose de nommer la capitale du prénom du premier president soit Noursoultan, le nom actuel de la capitale du Kazakhstan. C’est ainsi que cette ville a changé six fois de nom.

Noursoultan est une ville à l’architecture moderne, résolument audacieuse et même extravagante. De grands noms ont participé à sa construction dont Sir John Norman Foster ou encore Kusho Kurokawa.

Placée au milieu des steppes dénuées d’arbres, la ville est balayée par des vents forts. Son climat la hisse au 2nd rang de capitale la plus froide du monde après Oulan-Bator. Il y fait -40°C l’hiver et +40°C ; en outre, sa proximité avec les marais attire les moustiques.

Alors que je bénéficiais d’une météo clémente à Almaty, il a fallut que je m’achète un jeans avant de rallier la capitale Kazakh au vu des prévisions météo. A mon arrivée à la gare de Noursoultan, il faisait -1°C et le thermomètre n’a pas grimpé aù delà de 10°C au cours de la journée.

Musée National du Kazakhstan

Noursoultan est née de la volonté de Nazarbaev de marquer la ville de son nom. Le premier président est omniprésent dans la ville : une avenue, des infrastructures ou encore de nombreux bâtiments portent son noms et de nombreuses statues, effigies ou références sont partout dans la ville. Bref, la ville porte bien son nom.

Nazarbaev accueille les visiteurs du musée depuis son siège.

Mais Noursoultan est aussi l’objet de fantasmes d’un grand nombre de complotistes à l’imagination fertile à travers le monde. A la décharge de ces derniers, de nombreuses références équivoques jalonnent la ville et notamment « l’axe présidentiel » qui va de Khan Shatir (la tente nomade centre commercial) à la pyramide qui est le palais de la paix et de la réconciliation. Tout d’abord, certains ont vu dans le nom de la ville la marque du diable car Astana est l’anagramme de Satana. Ensuite, la symbolique maçonnique est omniprésente.

Khan Shatir

Khan Shatir, de la bouche de son architecte, devant ressembler à un tabernacle, en parallèle avec le temple de Salomon.

L’intérieur de Khan Shatir

En continuant la progression, nous arrivons à la tour Baytereq qui, dans la présentation, symbolise un œuf doré dans l’arbre sacré de la vie.

La tour Baytereq

Au centre de l’œuf se trouve l’empreinte de la main de Nazarbaev dans laquelle on peut poser notre main et qui tourne notre regard vers la suite de la perspective.

Au sommet de Baytereq, au cœur de « l’œuf », il est possible de poser sa main dans l’empreinte de Nazarbaev.
Les dignitaires de toutes les religions du monde ont une plaquette qui leur est dédiée et qu’ils ont signé.

En langage maçon, cette tour symbolise la colonne d’harmonie permettant de se mettre en condition pour aller vers l’initiation. La tour est aussi un symbole de leur pays pour les Kazakhs et que j’ai vu reproduite dans le pays lors de mes pérégrinations vélocipédiques. Après Baytereq se trouve deux tours très brillantes symbolisant Boaz et Yakin et qui est la porte de l’ initié pour le maçon.

Les 2 tours abritent des ministères. Mais, elles peuvent aussi symboliser Boaz et Yaqin.

En continuant, il s’agit du palais présidentiel qui est le pendant feminin de la très phallique tour Baytereq. Cette symbolique est également présente à Washington. Enfin, la perspective s’achève en apothéose avec le palais de la paix et de la réconciliation qui est en forme de pyramide.

La pyramide qui est le Palais de la Paix et de la Réconciliation.

Dans cet axe présidentiel se trouve la colonne de l’Indépendance surmontée de « l’homme d’or ».

Pour rappel, le Kazakhstan est la dernière des RSS à déclarer son indépendance le 16 décembre 1991. Quant à l’homme d’or, il s’agit d’un guerrier Scythe daté du III ou II siècle av. J. C. et trouvé en 1969 dans le Sud-Est du Kazakhstan. Cette relique est un symbole fort pour l’identité Kazakh.

Le canyon de Sharin et le lac de Kol’Say.

Avec le jumelage, nous nous sommes éloigné d’Almaty pour nous rendre au lac de Kol’Say, dans un parc national. L’endroit est situé dans les montagnes, dans un écrin de verdure contrastant avec les paysages lunaires qu’il a fallu traverser.

Nous y avons fait un peu de bateau sur une eau limpide et transparente.

Puis, nous nous sommes arrêtés au canyon noir de Sharin. Le paysage était très surprenant.

Nous étions sur un plateau totalement dénué de végétation et, au fond du canyon, dans un apic impressionnant de 150-200m coulait une rivière au milieu de la végétation.

Là où il y a de l’eau, il y a de la vie.

Le repas avec l’Akimat d’Almaty

J’ai été reçu en grande pompe dans un très beau restaurant d’Almaty. La table était très belle. Ce fut une occasion d’échanger avec le vice-Akim sur l’histoire et les traditions du Kazakhstan et moi, de lui dire à quel point j’avais apprécié la beauté des paysages époustouflants de son pays et surtout, l’accueil généreux qui m’a été donné par les Kazakhs tout le long de mon chemin.

Le vice-Akim m’a alors remis des courrier ainsi qu’un très joli cadeau à remettre à Nathalie Appéré, la maire de Rennes.

Après quoi, nous avons porté plusieurs toasts à la vodka à la grande amitié qui lie Rennes à Almaty.

Perdu dans le brouillard covidien !

Premières neiges à Almaty le 6 octobre

Les conséquences de la maudite grippette du COVID19 n’en finit pas de me poser des problèmes. Ayant voulu rentrer le plus rapidement possible au Kazakhstan en août, j’ai fait l’impasse sur le Kirghizistan en me disant que je pourrais visiter le pays après Almaty. Et malheureusement, je n’ai qu’une entrée sur mon visa que j’ai grillé lorsque je suis rentré au Kazakhstan le 12 août dernier.

Des rumeurs couraient sur l’ouverture du Kazakhstan sans visa aux ressortissants Français dans la semaine du 27 septembre. Mercredi 29 septembre, l’information paraît sur la page Facebook de l’ambassadeur du Kazakhstan à Paris : les ressortissants Français peuvent entrer au Kazakhstan sans visa.

Hélas, la publication est retirée en soirée. J’appelle un peu partout pour voir ce qu’il en est. On me répond que ça « devrait » arriver dans les prochains jours. Une semaine plus tard, j’apprends que le décret devrait être officialisé à la mi-octobre…

Par méfiance des roueries protocolaires, j’avais préparé un circuit alternatif au Kazakhstan. Donc, je me suis pris un billet de train pour me rendre à Öskemen, près des montagnes de l’Altaï dans un premier temps.

On verra ensuite si le décret est officialisé.

Cathédrale de l’Ascension d’Almaty

5 réflexions sur “Almaty (Kazakhstan)”

  1. Bonsoir Laurent
    Merci pour ce très bel article qui relate de manière très émouvante la qualité de l’accueil que les amis d’Almaty t’ont réservé après ton exploit.
    La description des différents sites est intéressante.
    C’est toujours un plaisir de te lire.
    Félicitations

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour vos photos et commentaires sur les différentes étapes de votre voyage de Rennes à Almaty ainsi que sur les visites que vous avez pu faire à Almaty et dans les environs et sur les rencontres que vous avec faites. C’était très intéressant de vous lire et me remémoraient les visites lorsque je suis venu à Almaty.
    Bonne continuation
    Thierry

    Aimé par 1 personne

  3. Merci de partager tes aventures passionnantes …
    Pour ma part , je suis littéralement transporté … par ton parcours , toutes tes rencontres , passages, et cette consécration …
    Bonne chance pour la suite
    Samuel

    Aimé par 1 personne

  4. Cher Laurent, je découvre ces derniers parcours bien tard après leur publication. Je suis tellement heureux pour toi de toutes ces découvertes que tu nous fais partager.. Je suis sûr que cela te présage un bel avenir de rencontres dans un cadre international. Je t’embrasse.

    Aimé par 1 personne

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