De Nukus à Samarqand en passant par Bukhara (Ouzbékistan)

Mon récit a du retard par rapport à mon avancée car c’est depuis Samarcande que j’ai commencé à écrire. Je viens d’y arriver ce jeudi 29 juillet.

En Ouzbékistan, mon séjour ne doit pas excéder 30 jours sous peine de fortes amendes. J’ai donc jusqu’au 12 août 2021 inclus pour quitter le pays.

J’ai perdu 2 jours à cause du retard de 1 h de l’avion Tbilissi ➡️ Toshkent ; aller à Moynaq a amputé mon compte d’encore quelques jours. Par ailleurs, je tiens à profiter des belles villes d’Asie Centrales (du moins celles qui sont encore accessibles dans la dinguerie actuelle).

C’est donc en chemin de fer Ouzbek que je suis allé à Boukhara. Et c’est une expérience que je ne regrette pas.

Disons le tout net : ce n’est pas le TGV que j’ai pris. 9h00 de trajet pour 550 kms soit une vitesse moyenne de 60 km/h sous le cagnard. Pas de climatisation dans le train mais des couchettes pour tout le monde. Il faut avouer que les Ouzbeks aiment prendre le temps de vivre et de dormir. J’étais installé à côté d’une famille et d’une prof d’histoire avec son fils ; son arrivée à Toshkent était prévu entre 3h et 4h du matin.

Dans chaque wagon, il y a un chef de wagon secondé par deux subalternes. C’est lui qui régente tout dans le wagon et c’est pourquoi il convient d’être sympa avec lui.

L’avantage d’un train lent, c’est qu’on a rien d’autre à faire que faire des rencontres.

Le petit Bilis
C’est le chef de wagon qui a installé le vélo et pas question de le contredire.

En outre, le train ne s’arrête pas à Bukhara mais à Kogon, distante de 15 kms. C’est donc de nuit et sur mon vélo que j’ai rejoins la ville. Je suis passé à côté du régistan dès mon premier soir. Vision magique…

Le régistan de nuit

Bukhara est une très belle ville. Son vieux centre regroupe la plupart des monuments et flâner dans ses charmantes ruelles étroites et protègées du soleil brûlant est vraiment agréable.

Le minaret Kalon. Complexe Po-i-Kalon
Régistan. Complexe Po-i-Kalon
Minaret Kalon. Complexe Po-i-Kalon
Détail du mausolée : complexe Po-i-Kalon
Madrasa Nadir Divan-Begui
Madras à Koukeldash
Le palais d’été
La citadelle d’Ark
Entrée de la citadelle d’Ark
Les rues de Boukhara avec ses tuyaux de gaz
Intégration paysagère et patrimoniale à la Ouzbek.
Vestige de l’empire soviétique
Mosquée à Bukhara

Je n’allais pas quitter Bukhara sans visiter le cimetière. J’ai noté que les tombes differaient

Après quelques jours à flâner dans la ville, j’ai repris le vélo, direction Sarmacande. La première journée fut difficile. Un vent de face à 40-50 km/h, un ciel bouché par le sable que le vent emportait et bien sûr, la chaleur.

Je recevais le sable en pleine figure et dans les yeux. Et puis, je commençais une sale série ce jour, celle des crevaisons.

La roue droite de la remorque est à plat. Je prends mon autre chambre à air et, avant de l’installer, je passe mes doigts à l’intérieur du pneu pour vérifier qu’il n’y a rien. Puis 1h30 plus tard, le pneu est de nouveau à plat. Il mettait un peu de temps pour se dégonfler et c’était vers le milieu de l’après midi. À mes pauses, je pompais, décidant de réparer le soir.

Prendre du repos en s’avachissant sur la Supa en buvant un thé

En scrutant plus attentivement le pneu le soir, j’ai remarqué que deux minuscules épines pointaient. Lors de ma première inspection, j’ai du les caresser dans le sens du poil.

Le lendemain, ce fut l’apothéose. Après 20-25 km, la route changeait de cap et je me retrouvais avec un vent de 3/4 dos.

La journée promettait d’être bonne mais hélas, c’était sans compter cet abruti qui, avec son auto, recula dans ma remorque. J’inspectais les dégâts un peu plus loin : l’axe de la roue droite était tordu… Impossible de continuer la route ainsi. J’essaie de redresser avec les quelques outils à ma disposition mais rien n’y fait. J’ai le souvenir d’être passé devant un garage et je m’y rends. Je surprend le garagiste dans sa sieste. Nous parvenons à redresser l’axe mais dorénavant, retirer la roue droite et la remettre sera compliqué alors qu’auparavant, une poignée de secondes suffisait.

Je reprends ma route au bout de 2h de  réparations. Je roule puis je m’arrête dans un restaurant. Je m’installe dans la Supa et, après le repas, mon paupières sont si lourdes que je m’endors. Hélas, le soleil a tourné et mon vélo, qui était à l’ombre, se trouve en plein soleil et notamment la roue droite de la remorque. Celle-ci étant bien gonflé suite à la crevaison et l’air contenu dans la chambre à air s’est dilaté…. puis s’est échappé de la roue. Encore une crevaison. Des gamins m’aident à réparer et c’est reparti.

Il est 18h30 et je cherche un endroit tranquille pour dormir. Ceux-ci sont rares. Je roule ainsi des kilomètres jusqu’à ce que je crève, mais de la roue arrière du vélo cette fois ci. L’endroit où je répare fera un bon bivouac et ce fut le cas : “toute chose concoure au bien pour celui qui se confie à l’Éternel »!!!

Le lendemain sachant que je suis dans la série des crevaisons, ma pompe et mon kit de réparation sont à portée de main. Lorsque je roule, un mauvais sentiment m’étreint ; tout le monde ou presque porte le masque en extérieur, y compris des bergers ou des vachers au milieu de la pampa.

Je roule si bien que je suis à Samarcande en avance. Je m’arrête à une gargote le long de la route et m’achète une bouteille d’eau gazéifiée que je prends le temps de boire. Au moment de prendre le  vélo, je remarque que la roue arrière a perdu de l’air. Un coup de pompe et c’est reparti pour affronter la circulation de cette ville de 520 000 habitants.

J’arrive enfin à l’hôtel et j’apprécie grandement la douche froide.

C’est une autre douche froide qui me tombe dessus lorsque je consulte mon portable. Julien, le compatriote rencontré à Nukus, m’indique que la frontière avec le Kirghizistan est fermée par les voies terrestres pour des raisons sanitaires … Sauf à faire des démarches consulaires auprès de l’ambassade Tadjik, Turkmène ou afghane me permettant de prolonger mon séjour Ouzbek, il faut absolument que j’obtienne mon visa Kazakh avant le 11 août (le 10 serait opportun car c’est ma fête) sinon, c’est le retour en France ce dont je n’ai pas trop envie dans la situation actuelle. Je me donne le temps de mon séjour à Samarqand pour trouver une solution de repli.

A mon arrivée à Samarqand, mes doutes et mes appréhensions évoquées plus haut se confirment : le masque est obligatoire en intérieur et les restaurants sont fermés…

Ça ne m’empêchera pas de visiter cette belle ville mais ces foutues réglementations qui changent d’un pays où d’une région à l’autre ont le don de m’éxaspérer, voire de me décourager. Je me rends compte que je suis en retard de 2 ans, quand la vie était tellement plus simple, plus facile.

La semaine qui va suivre va être celle de tous les dangers et surtout, elle conditionnera le reste…

Une réflexion sur “De Nukus à Samarqand en passant par Bukhara (Ouzbékistan)”

  1. Cher Laurent, ton aventure est remarquable. Tu es courageux, plus d’un aurait laissé tomber devant ces obstacles à répétition. Alors ne te décourage pas, reprends des forces et une solution va se dessiner. JP

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