Istanbul (Turquie) et Tbilisi (Géorgie)

Article initialement intitulé « Istanbul (Turquie) et Aktaou (Kazakhstan) »

Dès 2019, alors que je traçais ma route sur papier au bar de la bibliothèque des Champs Libres à Rennes, j’avais prévu une longue pause à Istanbul. C’est l’opportunité de faire le point sur  ce qui a été fait et sur ce qui reste à faire et de s’adapter le cas échéant. Istanbul rassemble également les consulats des pays ayant des frontières avec la Turquie voire au delà ce qui est très pratique pour faire des démarches. Être dans une grande ville permet aussi d’acheter du matériel un peu technique pour la suite de l’aventure. Et puis enfin, Istanbul est une ville orientale magnifique où règne un joyeux bordel. Quelque soit l’endroit où porte le regard, il y a toujours quelque chose de beau ou de charmant à regarder. La basilique Ste Sophie, le palais de Topkapi et surtout les ruelles pentues, colorées et animées du vieil Istanbul. Tout cela est magnifique et pourtant, ce ne sont pas les plus beaux souvenirs que je garderai de la Turquie. Non, les moments les plus forts auront été ces moments de partage sincères avec les Turcs sur la route menant à Istanybul quand j’étais vu, non comme un touriste avec un potentiel de dépenses, mais comme un homme simple qui apportait quelque chose qui sortait de l’ordinaire avec son vélo à des gens simples.

Le bazar d’Istanbul
La tour Galata. Mon logement se trouvait à 200 mètres de là.
Les rues animées d’Istanbul

Ce qui frappe à Istanbul, c’est la topographie. Ce n’est plat que sur les rives du Bosphore. Pour le reste, ce sont des rues extrêmement pentues partout. Certaines artères ont une déclivité si forte que les trottoirs sont des escaliers. Les rues plates sont rares, elles sont généralement perpendiculaires aux rues pentues ou courrrent le long du Bosphore. Istanbul doit être une ville très compliquée quand on a de graves problèmes aux jambes.

Les petites boutiques et gargotes ouvertes à des heures avancées dans la nuit, les sonorités des musiques orientales s’échappant de quelque établissement ou encore la déambulation nonchalante des stambouliotes écrasés par la chaleur confère à la ville un charme oriental inouï.

Les nuits Stambouliotes sont chaudes, très chaudes…
Une petite tuerie locale : le Turkish Kaveshi. Aspirer une gorgée de café puis boire une gorgée d’eau et ainsi de suite. Ensuite, retourner la tasse dans la soupape, répondre à la question : Mariage ou Argent. Puis, poser son index sur le cul de la tasse 5mn. Le marc de café doit répondre à cette question. L’interprétation est évidemment subjective.

A Istanbul, les chats sont absolument partout, dans toutes les rues. Les chats sont à tout le monde et à personne. Cette protection des chats est inscrite dans le coran et le matou est sacré. Ils rentrent dans les magasins pour trouver le frais, se mettent au pied de votre table en miaulant pour chiner de la nourriture, se couchent nonchalamment sur les trottoirs, se battent, feulent et ronronnent.

Chat nonchalamment installé sur des marches qui gêne le passage
Les Stambouliotes prennent vraiment soin des chats de la rue
Chat cherchant le frais dans un magasin climatisé.

420 fonctionnaires stambouliotes sont dédiés aux soins des félins et des canins. Ces employés de la ville ramassent les animaux mal en point, les soignent, les opèrent parfois et surtout, préviennent certaines maladies telle la rage ; les animaux sont pucés. A la nuit tombée, les gamelles posées dans les rues se remplissent de croquettes ; parfois, il n’y a même pas besoin de récipient, les croquettes sont disposés à même le sol. La concentration de chats dans certaines rues est effarante à certaines heures. L’impasse où je logeais, près de la tour Galata dans le quartier de Beyoglü, faisait environ 250 m. Une dizaine de félins y avaient élu domicile. Cela indique qu’il y a suffisamment de ressources pour que tous mangent…

Poutine le chat. Appelé ainsi car il avait tendance à chasser les autres chats.
Ce chat était mon copain durant mon séjour à Istanbul.

Il y a des chats en nombre mais, en conséquence, il n’y a que très peu de rats. Quant aux piafs, difficile pour eux d’évoluer dans un univers aussi hostile et les pigeons ne sont pas très nombreux pour une villes aussi grande. Seuls les oiseaux marins, massifs ou malins s’en sortent tels le cormoran, le goéland ou encore la corneille grise.

Corneille grise

La mosquée la plus grande et la plus remarquable d’Istanbul est la mosquée Sultanhamet dite mosquée bleue. Ses mosaïques bleues sont magnifiques. Hélas, bien que la salle de prière soit ouverte, des échafaudages camouflent les voûtes du bâtiment qui est en phase de rénovation. Par conséquent, l’intérêt est extrêmement limité-ma visite à duré 5 mn.

La mosquée bleue. Étant en rénovation à l’intérieur, l’intérêt de la visiter était limité

Istanbul compte plus de 3 000 mosquée mais il y en a deux qui se distinguent du lot : la basilique Sainte Sophie et la mosquée bleue. Sainte Sophie était chrétienne dans les premiers temps puis est devenue musulmane lors de la chute de Constantinople au XVème pour être transformée en musée par Mustapha Kémal Atatürk en 1934, dans sa volonté de laïciser et de moderniser la Turquie. En 2020, le conservateur libéral Recep Tayyip Erdogan, proche des frères musulmans, requalifie Sainte Sophie en Mosquée.

Sainte Sophie
Sainte Sophie

J’ai également visité le palais Topkapi, un équivalent du château de Versailles en terme de magnificence sauf que cela concerne les sultans de l’empire Ottoman à Istanbul. On en prend plein les yeux ; les bâtiments et et les parcs sont superbes tout autant que les mosaïques qui rajoutent au charme oriental. Un pavillon est consacré aux reliques d’Allah et j’ai ri de voir des femmes enburqannées jouer des coudes pour admirer une relique contenant une dent du célèbre prophète. Pour le reste, le palais de Topkapi est un incontournable d’Istanbul et ne pas s’y perdre aurait été un regret.

A Istanbul, j’ai retrouvé Léo, le compagnon de route Beauceron que j’avais rencontré à Hascovo en Bulgarie et quitté à Edirne. Il est descendu au Sud, à Çanakkale, une ville côtière puis est remonté au Nord par ferry à Istanbul. Tout comme moi, il modifie son itinéraire en raison du coronavirus. Ce qui pouvait être simple jadis devient compliqué aujourd’hui. En attendant, nous sommes à Istanbul et profitons ensemble de la ville. Nous traînons près des quai de Karakoy à échanger nos plans autour d’un verre. Puis nos chemins se sont sont séparés. Il part vers le Nord. Nous resterons en contact pour la suite…

Karakoy et ses restaurants de poissons. On peut y manger le sandwich au poisson
Pêcheurs sur le pont de Karakoy. On pouvait en compter parfois une 50aine a pêcher des petits maquereaux. Les eaux du Bosphore sont très poissoneuses

À Innsbruck, j’ai vu le plus beau cimetière qu’il m’a été permis de voir. Seulement, je ne connaissais pas le cimetière d’Eyup à Istanbul, là où les stambouliotes trouvent le repos éternel. Le cimetière est situé sur le flanc d’une colline très pentue et on fait face à un impressionnant mur de tombes quand on arrive. La déclivité est tellement importante qu’il y a un téléphérique pour accéder à l’entrée du cimetière. De là haut, c’est une vue magnifique sur Istanbul et le Bosphore qui s’offre aux yeux.

Le cimetière d’Eyup
Le cimetière d’Eyup

Il y a des escaliers qui cheminent entre les tombes. L’accessibilité des personnes à mobilité réduite est inenvisageable ! Il est certain que les travaux de cimetière ne peuvent se faire qu’à la main et que les inhumations doivent être très sportives.

Impossible d’utiliser des machines pour les travaux de cimetière
Se recueillir doit relever d’une aventure pour certaines personnes

Le cimetière borde les rives du Bosphore ce qui fait du cimetière d’Eyup, un cimetière marin. Après mes pérégrinations morbides sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante, rien de tel qu’une limonata (boisson au citron) au café Pierre Loti, écrivain turcophile français qui laissa son nom  au lycée français de la ville.

Café Pierre Loti
Une limonata, une glace et un peu d’eau permettent de survivre à la chaleur.

Une conclusion ne peut être définitive sur un pays. Je suis entré avec mes clichés français sur les Turcs et la Turquie et je ressors de ce pays avec des réalités bien différentes de ce que j’imaginais. Il y a tellement de choses que j’ai pu ressentir en parcourant les campagnes et Istanbul et que j’ai pu appréhender au fil des rencontres et des liens que j’ai tissé avec les Turcs et cela constitue une vraie connaissance, une vraie richesse. Tout y est passé, je n’avais pas de tabou. J’ai posé des questions sur Erdogan, Atatürk, l’économie, le Kurdistan, la religion et la laïcité (seuls 3 pays sont laïques dans le monde : la Turquie, la France et le Mexique), les relations avec les Grecs et Chypre, l’Union Européenne, le rôle de la police et de l’armée et aussi le rôle de la diaspora Turque. J’ai beaucoup plus appris sur l’esprit qui règne en Turquie par mes contacts directs qu’en lisant des articles de journaux. Bref, mon opinion sur les Turcs et la Turquie a radicalement changé. Tout d’abords les Turcs sont accueillants, généreux, honnêtes et serviables ; on ne peut pas avoir de problème dans ce pays car il y aura toujours quelqu’un pour vous aider sans que vous l’ayez demandé. Faire du vélo dans ce pays fut vraiment agréable ; je me sentais en sécurité sur les routes et j’ai vraiment bénéficié de la bienveillance des Turcs tout au long de ma route. Je n’oublierai jamais ces sourires auxquels j’ai eu droit, ni ces thés partagés et encore moins les discussions parfois enflammées mais toujours amicales. Seuls les appels à la prière me gonflaient mais c’est si peu de chose comparé au reste. Tout cela m’a permis de connaître des réalités que j’ignorais. Malheureusement, ce pays connaît actuellement quelques secousses qui ne sont pas propres à la Turquie. De nombreux Turcs sont attachés à l’héritage d’Atatürk dont la laïcité, et voit d’un mauvais oeil l’influence de la religion grandir dans le pays, encouragée par Erdogan. Ce dernier ne doit sa place qu’aux bigots du pays et à la diaspora.  La Turquie est un grand pays mais c’est aussi une jeune démocratie fondée en 1923 qui, comme la France post révolutionnaire, connaît des périodes troubles dans son premier siècle d’existence. Gageons qu’avec sa population jeune et son attachement au kémalisme (principes politiques d’Atatürk), la Turquie puisse se sortir de la grave crise économique qu’elle traverse et reprendre les valeurs qui l’ont fondé. Je leur souhaite de tout cœur. L’élection présidentielle aura lieu en 2023.

Le quartier de Beyoglü où je logeais
Siège du CHP (Kémaliste) à Istanbul

Istanbul ➡️ Aktaou. Lundi 5 juillet 2021, un jour de merde. Tout était prêt la veille. Test PCR négatif et commande du taxi à l’aéroport. Le chauffeur arrive avec 45 mn de retard, nous subissons les bouchons stambouliotes mais, sous un soleil radieux Istanbul m’offre un spectacle magique pour ce dernier jour. La tour télé s’encadre parfaitement entre les pylônes du pont suspendu du Bosphore et je vois sur ma droite une vue inouïe d’Istanbul qui dévore de part et d’autre du détroit les espaces disponibles. Je quitte ce lieu en repensant aux belles rencontres que j’ai pu faire dans ce pays. Je repense à Murat que j’avais rencontré à Lüleburgaz et qui, de passage à Istanbul avec sa femme et son fils, a fait un détour ce dimanche soir pour me rencontrer dans la cité antique ; j’en ai été touché au plus profond de mon âme. Les Turcs ont vraiment un cœur d’or.

Le fils de Murat, Murat et moi

J’arrive enfin à l’aéroport international Sabiha Gokcen. Mes encombrants bagages sont sur le chariot et je cherche désespérément mon vol. Je me renseigne, je parcours en long et en large l’aéroport à la recherche d’informations. J’apprends finalement que mon vol est annulé en dépit des informations affichées sur le tableau des départs. Vient alors un moment de solitude. Il faut trouver une autre solution pour attraper à temps le vol vers Aktaou depuis Tbilissi en Géorgie à 0h05. La Turkish Airlines propose un vol à 19h15. Je commande mais, au moment de payer, c’est ma carte bancaire qui fait défaut. Second moment de solitude. Mon compte est largement au vert et j’aimerais tant joindre mon conseiller bancaire pour comprendre et débloquer la situation mais, on est lundi et ma banque est fermée… Fort heureusement, j’ai quelques centaines d’euros avec moi et ces derniers me seront d’une grande utilité dans ce moment. Le stress est à son comble et j’aimerais tant nourrir mon corps de nicotine mais, il n’y a pas d’espace fumeur à l’aéroport. Qui plus est, je porte cet insupportable masque depuis des heures et, pas question de le baisser ou de le retirer pour respirer à plein poumons l’air conditionné de l’aéroport car le personnel vous rappelle à l’ordre immédiatement. Après de nombreux atermoiements liés au poids de mes bagages lors de l’enregistrement, je parviens enfin à la zone internationale avec mon seul bagage cabine. Toutefois, je reste sur mes gardes car je n’aurais qu’1h30 à Tbilissi pour récupérer mes volumineuses affaires, faire les formalités douanières, enregistrer derechef mes bagages et de nouveau faire des formalités douanières. Enfin, je monte dans l’avion et je vois Istanbul une dernière fois depuis le hublot. Les Turcs et la Turquie vont me manquer.

Les lumières de Tbilissi apparaissent, l’avion amorce sa descente. Je sens le stress monter. J’essaie d’établir un planning dans ma tête. Étant en transit, je passe rapidement les formalités douanières, récupère mes bagages et me rends rapidement aux départs pour l’enregistrement de mes bagages ; je suis dans les temps. Et c’est à ce moment que tout est parti en sucette. Arrivé au comptoir, j’apprends qu’une décision récente prise par le Kazakhstan oblige les ressortissants Européens à avoir un visa pour entrer sur le territoire et ce, en raison de l’ami coronavirus. Je téléphone à Jeanne, la présidente du comité de Jumelage Rennes-Almaty, pour infléchir la décision de l’officier présent. Parler Kazakh à un Kazakh est plus facile. Rien n’y fait, c’est non. 3ème moment de solitude de la journée. Me voilà, vers 00h00, en train de commander un hôtel en catastrophe à Tbilissi. J’arrive à dégoter un trois étoiles pour 13€. Je trouve rapidement un transport, me commande deux bouteilles de bière géorgienne et m’enferme dans ma chambre pour me reposer enfin de cette journée chargée en stress et surtout, penser à un plan B, voire C…

« Memento Mori » souviens toi que tu es mortel. Street art à Tbilissi
Street art à Tbilissi

Avec un peu de recul, j’ai noté que le temps, après lequel on ne cesse de courir dans nos vies d’occidentaux, devient élastique dans les grands voyages ; tantôt il se tend, tantôt il se détend. Accepter ces temporalités extrêmes est une sagesse que je suis loin d’avoir acquis. Accepter de flâner, d’attendre, de ne rien faire ou d’être statique est aussi difficile que de se presser à l’extrême. Autre enseignement, le temps le plus précieux est le temps présent, celui qui s’écoule devant nos yeux et qui irradie nos sens ; le témoignage d’une amitié, le sourire d’un enfant, une douce soirée, l’odeur de la terre qui monte aux narines après un orage, une pluie salvatrice, le chant des grillons et celui du goutte à goutte incessant des climatiseurs.

Vieux Tbilissi
Tbilissi

J’étais à Tbilissi, j’étais un naufragé du protocole sanitaire du coronavirus. Rien n’était prévu. Et je m’inquiète grandement pour ma carte bleue. Toujours pas d’argent ; mes réserves stratégiques s’épuisent petit à petit entre l’hôtel, la bouffe et les transports. Allais-je en être réduit à me prostituer à Tbilissi ? Cette perspective provoquait en moi une angoisse abyssale qui s’effaça sitôt que je parvins à retirer (enfin) de l’argent… Je devins plus serein. Puisque j’étais là, à Tbilissi, autant prendre les choses du bon côté et m’imprégner de la ville. Et aussi réfléchir à l’élaboration d’un plan B voire C en tenant compte des facéties de l’ami coronavirus.

Tour brutaliste à Tbilissi
Les bâtiments soviétiques de style brutaliste côtoient les constructions modernes – c’est un assemblage assez audacieux.
Centre commercial flambant neuf à Tbilissi

Première chose le mardi 6 juillet 2021 : me rendre à l’ambassade du Kazakhstan à Tbilissi. Je saisis l’adresse sur Google map. J’ai 7 kms à faire et je décide de marcher pour visiter un peu la capitale Géorgienne.

Détail d’un bâtiment sur l’avenue Rustaveli, les « Champs Élysées » de Tbilissi
Tbilissi underground. Passage souterrain permettant de passer de l’autre côté de la rue.
Dans certains souterrains se trouvent des petites galeries commerciales

Arrivé sur place, je constate avec amertume qu’il n’y a pas plus d’ambassade du Kazakhstan à ma destination finale que d’ours polaires au Sahara. Google s’est planté. Je cherche la bonne adresse et la trouve enfin. J’ai 8 kms à faire et vu l’heure, il faut que je prenne un taxi. J’arrive enfin devant l’ambassade ! Et le planton m’indique que l’ambassade est fermée ; le 6 juillet est un férié au Kazakhstan. Comment pouvais-je savoir quelque chose que je ne savais pas ?

Le vieux Tbilissi
Bâtiment de style soviétique sur l’avenue Rustaveli
Tbilissi

Par dépit je flâne dans les rues de Tbilissi. Je remarque un mélange hétéroclite et brouillon de différents styles. Les bâtiments soviétiques d’inspiration Brutalistes côtoient des immeubles ultra-modernes qui côtoient eux-mêmes des constructions du vieux Tbilisi. Des conduites de gaz toutes rouillées courrrent en hauteur à proximité d’un centre commercial immense et flambant neuf rassemblant toutes les grandes marques mondialisées. Tbilissi est une ville pleine de contrastes et d’assemblages surprenants. Le soir, pour exorciser les événements impromptus des derniers jours, je me trouve un restaurant qui dispose d’un terrasse dominant la ville. J’y mange de bons plats géorgiens arrosés d’un vin local n’ayant rien à envier à nos vins français…

Ce vin, produit à l’Est de la Géorgie, n’a vraiment rien à envier.à nos vins français.
Statue datant de l’ère soviétique
Tous les styles architecturaux se côtoient à Tbilissi

Le lendemain, retour à l’ambassade. Cette fois-ci, elle est ouverte. Un couple Autrichien m’a précédé et attend l’ouverture à 10h30. La grande porte métallique s’ouvre enfin. Nous entrons. Le consulat est ferme envers les Autrichiens : pas d’invitation officielle, pas de visa et il n’y a pas d’argument qui puissent infléchir la position du fonctionnaire Kazakh. Ces derniers repartent dépités. Viens mon tour et mes arguments illuminent un peu son visage. Il me demande mon passeport pour en faire une photocopie et me remet 3 folios à remplir. Il y a de l’espoir…

Sculpture brutaliste commémorant les évènements du 9 avril 1989 qui, introduisirent au sein des militaires soviétiques, un esprit de désobéissance lorsqu’il s’agissait de mater les révoltes. Cet esprit aurait irradié toute l’URSS.
Parc central de Tbilissi
Bâtiment brutaliste à Tbilissi

En tant que naufragé du protocole, j’en suis réduit à attendre un bâteau en espérant que celui-ci ne tarde pas trop.

Le vieux Tbilissi. On aura remarqué le tuyau rouillé qui soutient le balcon et l’autre tuyau rouillé, sous le balcon, qui à acheminer le gaz.
Les tuyaux de gaz sont partout
Le vieux Tbilissi

Les paroles d’une chanson d’Hubert Félix Thiefaine n’ont cessé de raisonner dans ma tête ces derniers jours. Les vers qui suivent sont tirés d’exil sur une planète fantôme.

« Nous étions les danseurs d’un monde à l’agonie,
En même temps que fantômes conscients d’être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d’un monde à l’agonie.
En ce temps-là, les gens s’appelaient citoyens.
Nous, nous étions mutants, nous étions androgynes.
Aujourd’hui, la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide,
À rater mon suicide.
Mais je veux vivre encore plus ivre de cramer.
Je veux ronger le mal jusque dans ses recoins.
J’ai traîné mes vingt siècles d’inutilité.
Je n’ai plus rien à perdre, mais j’en veux pour ma fin,
J’en veux pour ma faim. »

Pont de la Liberté à Tbilissi. Mélange de modernisme et de kitsch avec des leds qui s’allument et s’éteignent par intermittence
Feu d’artifice à Tbilissi
Tbilissi la nuit

6 réflexions sur “Istanbul (Turquie) et Tbilisi (Géorgie)”

  1. Bonjour Laurent , toujours aussi intéressant votre récit de voyage . Je ne connais pas la Géorgie donc je découvre . Et je souhaite d’obtenir votre votre visa pour le Kazakhstan , d’ici quelques heures ? Ou deviez-vous être théorique à cette date ? Catherine

    J’aime

    1. Pour le visa, j’attends la lettre d’invitation du maire d’Almaty. Toute la question est de savoir si on m’accordera le visa même si la lettre ne transite, pour approbation, vers un comité interministériel… Wait and see

      J’aime

    2. Bonjour Catherine. Merci pour votre commentaire.
      Théoriquement, j’aurais dû me trouver sur la rive Est de la Caspienne, à Aktaou. Mais bon, le Corona s’est invité à la fête et c’est un clown triste.

      J’aime

  2. Salut Laurent,

    J aimerai partager tes aventures..
    J ai eu ce meme sentiment a Istanbul .. de liberté, de gentillesse
    As tu vu la Mosquée de Soliman Le Magnifique ?

    On aura l’occasion d’en reparler, a moins que tu ne t’arrêtes dans quelque endroit pour construire une nouvelle vie.

    Je te souhaite beaucoup de courage, de coeur, d’energie ….au plaisir de te relire encore .
    Samuel

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Samuel. J’ai pris le temps de visiter les principaux monuments mais, ce qui m’intéresse le plus dans une ville, ce sont les lieux populaires, ceux dans lesquels ne vont pas les touristes. Se perdre dans un métro, marcher dans un quartier, s’arrêter dans une gargote. Vivre une réalité populaire au temps présent.
      Merci pour ton commentaire
      Bons baisers de Tbilissi.

      J’aime

  3. Bonjour Laurent,
    Merci pour ton superbe article, qui fait voyager.
    La lecture permet de t’accompagner à distance.
    Ton écriture est réussie car j’ai l’impression d’y être sans le stress des démarches consulaires.
    Bonne continuation
    Amicalement
    Raymond

    Aimé par 1 personne

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